L’acceptation du handicap pour mieux avancer

« Le bonheur suppose toujours l’acceptation de ce qui est, ce qui implique de renoncer à ce qui n’est pas. Cela ne veut pas dire qu’on oublie la souffrance. Il ne s’agit pas de dire « tout est bien » … Accepter n’est pas approuver. Accepter ce n’est pas se soumettre. »
André Comte-Sponville

C’est quoi le handicap ? Selon un dictionnaire de Psychologie le handicap correspond à la « situation d’une personne désavantagée d’une manière ou d’une autre par rapport à une autre personne ». Sachant que toutes les personnes sont désavantagées de, au moins, une façon par rapport à, au moins, une personne ; on peut conclure que toutes les personnes sur cette planète présentent un handicap.

Est-ce qu’il existe un handicap plus toléré qu’un autre ? D. Camberlein, P. Camberlein, J. Crinon et P. Durning (1982) ont constaté qu’un handicap mental est plus difficilement toléré par la société qu’un handicap physique. Des attitudes comme le déni et le rejet du handicap, les comportements inadaptés et la pitié, de côté de l’entourage, vont rendre l’acceptation du handicap plus difficile pour la personne.

Pourquoi dois-je accepter mon handicap ? L’acceptation de soi est un des piliers des plus importants pour l’épanouissement personnel. Grâce aux travaux de Brown (2001), on observe que l’acceptation du handicap attribue des grands bénéfices tels qu’une grande augmentation de l’estime de soi. Une bonne estime de soi va favoriser l’acceptation des défis et des critiques, l’augmentation de la résilience et l’implication, la certitude, etc. Selon Fanget (2003)une bonne estime de soi est la base d’une bonne confiance en soi (croire en ses propres compétences) et d’une bonne affirmation de soi (avoir une bonne relation avec les autres tout en étant cohérent avec soi-même). La non acceptation de son handicap augmente l’intolérance et empêche d’accepter le handicap des autres. Favoriser cette acceptation augmente la prise de conscience des besoins des autres et facilite la socialisation avec les autres personnes.

Comment puis-je accepter mon handicap ? L’acceptation du handicap va passer par la parole et par la souffrance.Traduire la souffrance en mots c’est la rendre compréhensible, dit le Dr. Pieter De Reuse. L’acceptation de son propre handicap est un processus douloureux qui va renforcer la personne. Cette prise de conscience doit être faite progressivement, avec bienveillance et respect. Dans le dialogue pour l’acceptation il faut impérativement se passer de la catégorisation, de la stigmatisation et de l’étiquetage. Il ne faut pas réduire la personne au handicap. La personne doit connaitre ses limites et ses compétences, une stimulation de découverte des capacités de la personne sera nécessaire pour qu’elle puisse trouver une place dans la vie. L’intégration sociale de la personne joue un rôle très important dans l’acceptation du handicap, l’obligation d’accomplir les droits et les devoirs de la vie quotidienne (occupation, ménage, payement des factures,vie sociale, loisir, etc.) vont aider la personne à trouver sa place dans le monde.

Qui peut m’aider à m’accepter ?Toi et ton tissu social. La responsabilisation de la personne est essentielle pour l’acceptation du handicap ; elle doit prendre part dans le processus d’acceptation de manière active. L’accompagnement des services sociaux et/ou la famille et des amis sont primordiaux pour aider la personne à se relever devant des adversités de la vie. La construction d’un bon tissu social va permettre à la personne de trouver les ressources nécessaires pour s’accepter et de s’épanouir.

Au 8ème Jour ASBL, nous aspirons à ce que chaque résident s’accepte soi-même tout en acceptant les autres dans les valeurs du respect.

Josep Abella Mateu, Psychologue 8ème Jour

Pour aller plus loin...

Brown, K. (2001). The effectiveness of earlychildhood inclusion (parents’perspectives). Researchpaper, spring session 2001, Loyola College, Baltimore, USA.
D. Camberlein, P. Camberlein, J. Crinon et P. Durning (1982). Enfants handicapés en centres de vacances : vers l’intégration (1ère éd). Lyon : Scarabée.
De Reuse, P. (1995). Parler du handicap. En ligne sur le site du Gratte, http://www.gratte.org/media/d_d_PARLERDUHANDICAP_23468_17996.pdf
Fanget, F.(2003), Oser : Thérapie de la confiance en soi (1ère éd). Paris : Odile Jacob.

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